C’est la question qui vient toujours, et elle en cache plusieurs autres : la peur pour son métier, la colère contre des entreprises qui se servent du travail des auteurs, le sentiment d’être largué, et parfois une curiosité qu’on n’ose pas afficher devant les collègues. J’utilise ces outils tous les jours, dans ma création comme dans mon travail d’agence, et j’écris là-dessus depuis des années : c’est de loin la partie la plus fournie de mon site. Selon vos équipes, je peux prendre des chemins très différents.
Première piste : répondre aux peurs, une par une
J’ai identifié six peurs qui reviennent systématiquement, et pour chacune un déplacement de pensée qui ne consiste ni à rassurer ni à alarmer. Cette conférence-là convient quand une équipe est divisée et que le sujet est devenu difficile à aborder sans conflit. Elle vient de Six peurs face à l’IA, six déplacements de pensée, et je traite frontalement la question écologique, qui est souvent celle par laquelle on refuse d’entrer dans le sujet, dans Écologie et Intelligence Artificielle et La goutte d’eau.
Deuxième piste : la conférence créative, où la salle fabrique
C’est le format que je préfère, et celui qu’on me demande de plus en plus. Plutôt que de parler de ce que fait une IA, nous en fabriquons quelque chose ensemble, en direct, avec les téléphones de la salle. En vingt minutes, un groupe qui n’y connaissait rien produit des images, constate ce qui marche, ce qui rate, ce qui inquiète, et se retrouve avec de quoi discuter à partir de son expérience et non de ses lectures. L’esprit critique se forme là. Voir L’éducation aux médias et à l’IA par la créativité et Création participative et Intelligence Artificielle.
Troisième piste : ce que les adolescent·es ont à nous apprendre
J’ai contribué à une conférence mondiale réunissant des adolescent·es autour de l’IA, et ce qu’ils y ont formulé déplace beaucoup de discussions d’adultes. Piste utile pour des équipes qui travaillent avec des jeunes et qui abordent le sujet par l’interdiction. Voir Ce que les adolescent·e·s ont à nous apprendre sur l’intelligence artificielle.
Quatrième piste : la question de l’auteur
Qui est l’auteur d’un texte, d’une image, d’un film produit avec une machine ? La question paraît juridique, elle est d’abord philosophique et politique, et elle touche à la généalogie même de la pensée humaine, qui n’a jamais été solitaire. Cette piste convient aux festivals, aux écoles d’art, aux organisations professionnelles d’auteur·rices. Voir La notion d’auteur·ice à l’ère des intelligences artificielles génératives, Défendre les auteurs avec des mots qui ne viennent pas d’eux et Le skill comme œuvre.
Cinquième piste : l’IA comme outil métier, pas comme gadget
Beaucoup d’organisations ont acheté des abonnements et constatent que rien n’a changé. Ce qui change quelque chose, c’est de fabriquer des outils qui contiennent le contexte, les documents et les manières de faire de la maison. J’explique concrètement comment, sans jargon technique, et je montre des outils que nous avons développés. Piste très demandée par les collectivités et les entreprises. Voir Le RAG, ou comment donner à une IA la puissance d’un outil métier, Le contexte, clé de l’intelligence artificielle en entreprise culturelle et L’IA au service de la transformation démocratique des institutions culturelles.
Sixième piste : ce que ça nous fait, à nous
La partie la moins traitée ailleurs, et celle sur laquelle j’écris le plus. Ce que devient la figure du spécialiste quand chacun·e en a un dans sa poche. Ce qui se passe quand une machine entre dans nos dialogues intimes. Pourquoi une personne placée en position d’exécutante ne contribue pas, et pourquoi c’est vrai des humains comme des machines. Piste pour des publics qui veulent penser plutôt que s’outiller. Voir Un spécialiste dans la poche, La personne intriquée, La contribution ne se commande pas et Trouble dans l’intelligence.
Ce qui se passe dans la salle
Je montre en faisant, toujours. Et je consacre un moment à recueillir les positions réelles du groupe, par des questions auxquelles on répond en se levant, ou par un débat mouvant : sur ce sujet, les équipes sont beaucoup plus divisées qu’elles ne le laissent paraître en réunion, et le dire ouvertement débloque la suite. Les contributions écrites permettent aux réticences de s’exprimer sans avoir à monter au front.
Ce qu’il en reste
Les productions faites en direct et le mur de contributions restent en ligne. Quand il s’agit d’un chantier plus long, ces traces deviennent la matière d’un cadre d’usage écrit par l’équipe elle-même, ce qui vaut infiniment mieux qu’une charte téléchargée ailleurs. J’ai raconté ce type de démarche dans L’IA générative, l’éducation et la culture : des recommandations élaborées à trois pays.
Formats et préparation
Une heure trente participative, une journée de formation-action, ou l’animation d’un comité de veille dans la durée, comme au Forum des images. La préparation sert surtout à savoir où en sont vraiment vos équipes, ce qui est rarement ce que la direction imagine. En français et en anglais. Je peux aussi accompagner une personne de votre équipe à porter elle-même un talk sur l’IA, comme je l’ai fait pour le Forum des images et TUMO Paris à VivaTech : contenu, dramaturgie, glossaire face aux questions difficiles, répétitions [voir la page « Et si c’était quelqu’un de chez vous qui parlait ? », à relier une fois publiée].
Quelques interventions passées
Webinaire de restitution du comité de veille IA du Forum des images ; Fabriquer les récits de la culture avec l’intelligence artificielle ; « CinémA.I » au Studio 13-16 du Centre Pompidou ; Tumo x IA : voyages créatifs au cœur de l’IA ; Stage « L’Intelligence Artificielle et la création » pour des enseignants.
Toutes les ressources : Intelligence artificielle, création et esprit critique et Métiers de la culture et Intelligence Artificielle.