Les droits culturels sont dans la loi française depuis 2015 et 2016, ils figurent dans à peu près tous les projets culturels de territoire, et beaucoup de professionnel·les m’avouent en privé qu’ils ne sauraient pas les expliquer à un collègue. Le vocabulaire y est pour beaucoup : c’est un domaine où le jargon fabrique de la domination, ce qui est un comble. Je propose donc des conférences sans jargon, qui partent de situations que vos équipes reconnaissent.
Première piste : la définition en dix minutes, puis les conséquences
La déclaration de Fribourg, le droit français, la dignité des personnes, la culture au sens anthropologique, c’est-à-dire ce qui nous constitue. La démocratisation rend accessibles les grandes œuvres, la démocratie culturelle organise l’enrichissement mutuel, et les deux ne s’opposent pas mais ne demandent pas les mêmes gestes. Puis on passe le reste du temps sur les conséquences pratiques, qui sont considérables. Voir Qu’est-ce qu’une politique culturelle ? Pourquoi la culture est-elle politique ? et Droits culturels et postures professionnelles.
Deuxième piste : la forme contredit-elle l’intention ?
Un plaidoyer pour la démocratie culturelle écrit dans une méthode descendante se contredit lui-même. La disposition d’une salle, l’ordre des prises de parole, la manière dont une consultation est organisée disent la politique réelle, quel que soit le texte affiché. C’est la piste que je prends le plus volontiers, parce qu’elle rend les droits culturels immédiatement vérifiables. Voir La dimension politique des dispositifs d’organisation et Transmettre les droits culturels : une question de cohérence.
Troisième piste : le respect de chacun·e n’est pas l’adhésion de tous
Les droits culturels sont souvent compris comme une exigence de consensus, et cette lecture les rend inapplicables dès qu’apparaît un désaccord sérieux, sur la laïcité, sur le genre, sur le rapport à l’art contemporain. Ils demandent le respect de chacun·e, pas l’accord de tous, et le désaccord organisé est un mode d’exercice légitime. Piste précieuse pour des équipes confrontées à des tensions réelles avec des publics ou entre collègues. Voir Pour être des professionnels acceptables et Éduquer aux images, organiser le désaccord.
Quatrième piste : les droits culturels dans les espaces numériques
La découvrabilité, les algorithmes, ce que devient un patrimoine numérisé que personne ne s’approprie, la souveraineté des outils. Un sujet peu traité et très demandé par les collectivités qui refont leur stratégie numérique. Voir Droits culturels et découvrabilité numérique, Algorithmes et droits culturels et Le patrimoine sera-t-il encore dans nos vies en 2045 ?.
Cinquième piste : la légitimité à participer
Personne ne participe à ce à quoi il ne se sent pas autorisé, et l’essentiel du travail se joue donc avant l’invitation. Cette piste donne des critères concrets sur l’architecture des lieux, l’accueil, le vocabulaire, les rôles proposés. Voir La participation légitime comme horizon des événements culturels, La création autorisante et Architecture des lieux de diffusion artistique et droits culturels.
Ce qui se passe dans la salle
Sur ce sujet plus que sur d’autres, la cohérence entre le propos et la méthode est le propos lui-même. Je fais donc vivre des dispositifs où chacun·e a une place : des questions auxquelles on répond en se levant, des binômes minutés, une écriture individuelle dont les contributions s’affichent au mur et servent de base à la discussion finale. En fin de séance, je nomme ces dispositifs, parce qu’ils sont réutilisables et qu’ils constituent une mise en œuvre des droits culturels plus qu’une illustration.
Ce qu’il en reste
Le mur de contributions reste accessible en ligne, hébergé par nos soins. Quand une collectivité travaille son projet culturel de territoire, ce matériau écrit par les agents eux-mêmes pèse davantage dans les arbitrages qu’une note de consultant·e, et c’est délibéré de ma part.
Formats et préparation
Une heure trente, une journée, ou une formation-action au long cours quand il s’agit de traduire les droits culturels dans les pratiques et pas seulement dans les textes. La préparation permet d’identifier les situations concrètes de votre territoire sur lesquelles s’appuyer, ce qui vaut mieux que des exemples empruntés ailleurs. En français et en anglais. Enfin, les droits culturels se portent d’autant mieux qu’ils sont dits par quelqu’un du territoire : je peux accompagner une personne de votre équipe à construire et donner elle-même cette intervention [voir la page « Et si c’était quelqu’un de chez vous qui parlait ? », à relier une fois publiée].
Quelques interventions passées
Conférence : « EAC et droits culturels : des convergences à identifier et à mettre en œuvre » ; Le Livre Blanc de la décentralisation culturelle ; Ce que les mots font aux politiques culturelles ; Le numérique, un outil de médiation et de démocratie culturelle.
Toutes les ressources : Les droits culturels.