Immersion VR, deuxième saison : le débat démocratique à 360°

Le 14 octobre 2026, à Erasme, au Pôle Pixel de Villeurbanne, lancement de la deuxième classe culturelle numérique consacrée à la réalité virtuelle, que je mène pour la Métropole de Lyon avec Festivals Connexion et Réseau Canopé.

14 octobre 2026 Benoît Labourdette  11 min

Cette année, quatre classes de collège de la métropole de Lyon vont réaliser des films en réalité virtuelle qui mettent en scène des débats qu’elles auront inventés. Le jour du lancement, le dispositif que j’avais conçu pour six classes et un tournage commun dans une salle d’assemblée a été repensé avec les enseignant·es. Les tournages auront lieu dans chaque collège, et la restitution commune pourra devenir à son tour un débat, dont les films seront l’objet.

Le vingt-cinquième lancement des classes culturelles numériques

Le mercredi 14 octobre, en début d’après-midi, Christophe Monnet a ouvert la journée de lancement des classes culturelles numériques dans les locaux d’Erasme, le laboratoire d’innovation ouverte de la Métropole de Lyon, installé au Pôle Pixel à Villeurbanne. Christophe pilote ce dispositif depuis son origine, et il a rappelé que c’était son vingt-cinquième lancement. Dans les CCN, comme tout le monde les appelle, des classes travaillent pendant une année scolaire avec des artistes et des scientifiques qui sont, selon son expression, « en résidence sur internet ». Les intervenant·es publient des consignes sur la plateforme laclasse.com, les classes y répondent et voient ce que font les autres, et l’année se termine par une restitution où tout le monde se retrouve.

Il a donné les chiffres de la saison : 58 classes, plus de 1 300 élèves, une centaine d’enseignant·es, répartis dans huit projets. Les élèves vont du cycle 3 à la troisième, des instituts médico-éducatifs participent, et cette année des classes d’Erevan, en Arménie, vont travailler avec des classes lyonnaises. Les sujets sont très variés. Il y a, entre autres, la création d’un roman à partir d’archives, la ville et ses chantiers, la protection des données et des mots de passe, la chaleur dans les collèges, la musique électronique avec le GRAME, le code pour faire de la musique, et notre classe en réalité virtuelle.

Christophe a parlé de la place qu’internet avait « dans nos cœurs » au début des années 2000, quand tout le monde se disait qu’on pourrait en faire un outil de pédagogie et de création. Internet est devenu autre chose depuis, et il a présenté les CCN comme une « poche de résistance ». Il a repris une expression qui circule en ce moment, réensauvager le web, en la précisant : « réensauvager le web, ça veut juste dire se redonner la possibilité d’utiliser internet comme un outil créatif pour faire les choses ». Je me reconnais dans cette idée, moi qui fais faire des films avec des téléphones depuis le Festival Pocket Films, que j’ai fondé avec le Forum des images en 2005.

Pour présenter notre CCN, Christophe a montré un entretien où le cinéaste Alejandro González Iñárritu, qui a réalisé Carne y Arena, explique pourquoi il est venu à la réalité virtuelle. Il avait envie, a résumé Christophe, de se projeter dans « cette enfance du langage cinématographique qui est aujourd’hui l’immersion 360 ». Les élèves, a-t-il ajouté, vont pouvoir entrer dans « cette phase un peu pionnière qu’on est en train de vivre pour le cinéma 360 ». C’est la même idée que sa comparaison avec les frères Lumière, que j’avais rapportée dans Faire de la réalité virtuelle un terrain d’autonomie pour les collégien·nes, celle d’un médium neuf qui traverse une période où ses usages ne sont pas encore fixés, et où des collégien·nes peuvent inventer quelque chose.

La plateforme a été refaite cet été. Les consignes s’appellent désormais des missions, chaque classe y est représentée par un petit animal, et chaque CCN a son agenda et sa salle des profs. Le rythme reste celui que nous connaissions, une mission publiée, environ un mois pour y répondre, puis un temps d’échanges entre les classes. Réseau Canopé accompagne les enseignant·es tout au long de l’année, et son équipe a présenté un livret sur l’évaluation. Elle constate que la CCN est souvent l’un des projets d’éducation artistique et culturelle où les élèves travaillent le plus, et qu’elle reste pourtant parfois en dehors de leur scolarité. Elle propose par exemple d’ouvrir une évaluation de projet pour toute la période et de valider une compétence chaque fois qu’on l’observe, sans jamais pénaliser, pour que les élèves ne vivent pas le projet comme une note de plus.

Un an après les femmes oubliées de l’histoire

L’an dernier, pour la première CCN consacrée à la réalité virtuelle, trois classes avaient réalisé six courts-métrages sur des femmes que l’histoire a laissées dans l’ombre, de Valentina Terechkova à Aretha Franklin. J’en ai raconté le lancement, en octobre 2025, puis l’année entière, jusqu’à la restitution du 21 mai 2026. Je connaissais donc le dispositif de l’intérieur en arrivant cette année, et nous avons pu passer moins de temps sur l’organisation et davantage sur le contenu.

Le sujet de cette saison est le débat démocratique. Nous l’avions choisi avec Christophe au printemps, en pensant aux élections de 2027. J’y vois aussi un lien avec la forme même de nos films. Un débat a quelque chose d’une agora, un lieu où la parole circule entre des personnes qui se font face. Une image à 360° fonctionne de la même manière, puisque dans le casque on se tourne vers celle qui parle, puis vers celui qui lui répond, et chacun·e choisit son point de vue. Avec des élèves, on peut inventer dans cet espace tout un jeu de questions et de réponses.

J’ai dit aux enseignant·es ce que j’entends par débat démocratique. Nos institutions ont été pensées pour organiser le désaccord et s’enrichir de points de vue différents. On parle souvent de la démocratie comme d’une recherche du compromis. Je crois qu’elle tient d’abord à l’accueil de la diversité des points de vue, et la laïcité, par exemple, repose sur ce principe. Or beaucoup d’élèves ont aujourd’hui le sentiment que penser autrement que ce qu’on leur dit de penser les met en faute, presque en confrontation. Je voudrais qu’ils et elles fassent l’expérience inverse, comme je l’ai formulé ce jour-là : « ce n’est pas un problème de ne pas être d’accord ».

Pour que cette expérience soit possible, il faut se méfier des sujets trop clivants, ceux sur lesquels les élèves savent déjà ce qu’il est permis de dire ou de ne pas dire. J’ai proposé de passer par l’imaginaire. On peut débattre des animaux de compagnie, du droit d’utiliser la couleur rouge, ou de la question de savoir s’il faut quitter la Terre. On peut imaginer une ville où certain·es habitant·es veulent retirer tous les bancs et où d’autres en veulent partout, jusqu’au milieu de la rue, si bien que les voitures ne passent plus. Nous sommes dans un projet de création artistique, et ce qui compte pour moi est que les élèves aient du plaisir à partager leurs idées sans avoir peur de parler. Les films que Festivals Connexion va leur montrer ont eux aussi une grande part d’imaginaire.

J’ai ajouté une chose qui me tient à cœur. Ce projet est artistique, mais ce qui m’intéresse, c’est le cheminement de chaque personne, y compris le mien, puisque je vais moi aussi découvrir des choses en route. Les films et les tournages comptent beaucoup, à condition d’être de vrais moments de rencontre où chaque élève puisse s’exprimer lui-même ou elle-même.

De six classes à quatre

Jusqu’à ce jour-là, six classes de cinq collèges étaient inscrites, une centaine d’élèves, et j’avais conçu l’année pour elles. Avec six classes, je ne pouvais pas passer une journée de tournage dans chaque établissement comme l’an dernier. J’avais donc proposé une journée unique dans la salle du Conseil de la Métropole, où chaque classe aurait tourné son film devant les cinq autres, qui auraient formé le public de l’hémicycle.

Dans la petite salle de formation où le groupe Immersion VR s’est retrouvé pour l’après-midi, avec Antoine Quévreux, qui accompagne notre CCN pour Réseau Canopé, nous avons fait le point sur les inscriptions, et deux collèges ne participeront finalement pas. Nous serons quatre classes dans trois collèges, une soixantaine d’élèves. Au collège André Lassagne de Caluire-et-Cuire, Thibault et Vincent viennent avec deux classes de SEGPA, une de quatrième et une de troisième. Thibault avait déjà participé à d’autres CCN, et Sylvain, qui avait mené le projet l’an dernier avec sa classe de SEGPA, lui avait dit que c’était bien. Au collège Katia Krafft de Vénissieux, Cyril vient avec une classe à horaires aménagés numériques. À Notre-Dame des Minimes, dans le cinquième arrondissement de Lyon, Isabelle, qui était déjà là l’an dernier, vient avec une classe numérique de sixième.

Cela changeait la manière de travailler, et je me suis reposé la question devant tout le monde, à voix haute. Tourner dans la salle du Conseil avait un sens fort pour des films sur la démocratie. La logistique, en revanche, était fragile, puisqu’il fallait que toutes les classes soient libres le même jour et que la salle, qui est d’abord celle des élu·es, ne soit pas reprise au dernier moment pour une commission. Christophe était en discussion avec le gestionnaire de la salle et s’apprêtait à porter la demande le plus haut possible. Et d’un point de vue pédagogique, je préfère passer une journée avec une seule classe, parce qu’on est moins nombreux et qu’on peut travailler de façon plus attentive. Les enseignant·es ont ajouté que, dans leur collège, les élèves connaissent les lieux, qu’on peut y répéter et y réserver une salle facilement.

Les propositions sont venues de plusieurs côtés. Cyril a pensé demander à la mairie de Vénissieux sa salle du conseil municipal, que ses élèves connaissent mieux que l’Hôtel de la Métropole. Christophe a proposé de faire circuler d’un tournage à l’autre des accessoires communs, par exemple un pupitre en carton qu’Erasme possède, fabriqué lors d’un atelier, et qui sert à prendre la parole, afin que les quatre films aient quelque chose en commun et qu’on sente qu’ils appartiennent à un même projet. L’équipe de Réseau Canopé a suggéré que la restitution soit l’occasion d’une sorte de mise en abyme démocratique, où l’on débattrait cette fois des films eux-mêmes.

J’ai proposé de rassembler ces idées. Les tournages auront lieu dans chaque établissement, ou à la mairie si une classe le souhaite, chaque classe sur son terrain, avec des accessoires qui passeront d’un film à l’autre. Et nous occuperons quand même une salle de conseil, pour la restitution plutôt que pour le tournage, celle de la Métropole si elle est libre, ou sinon le lab d’Erasme, que Christophe propose d’habiller en « salle du conseil des CCN ». En reprenant la parole, j’ai dit qu’entre une heure plus tôt et ce moment-là, tout avait changé, et que c’était très bien. À la fin de l’après-midi, Christophe m’a dit qu’il aimait que ce soit « co-construit aussi au moment de la rencontre ».

Quatre missions, de « qu’est-ce que débattre ? » au jour du tournage

J’ai construit l’année en quatre missions. Je les envoie aux classes sous forme de courtes vidéos, pour m’adresser directement aux élèves avec mon visage et ma voix, et les enseignant·es les travaillent en classe à leur manière.

Dans la première mission, publiée le 3 novembre, je demande d’abord aux élèves de réfléchir à ce que c’est que débattre. Est-ce se disputer, convaincre, chercher à se mettre d’accord ? Pourquoi faut-il écouter l’autre ? Ces questions semblent évidentes, mais elles ne le sont pas tant que ça, et chacun·e doit avoir son idée sur ce à quoi sert un débat avant d’en mettre un en scène. Je proposerai aux enseignant·es de petits déroulés de séance, par exemple autour du débat mouvant, où l’on défend en se déplaçant dans la salle une position qui n’est pas forcément la sienne. Je demande ensuite à chaque classe sur quoi elle a envie de débattre, la vie du collège, la ville, le monde ou des sujets complètement imaginaires. Et j’invite chacun·e à se présenter, les élèves comme la classe, en disant ce qui nous plaît et ce qu’on a envie de faire, pourquoi pas en s’associant à un animal, puisque c’est par un animal que la plateforme représente chaque classe.

La deuxième mission consiste à choisir, dans tout ce qui aura été proposé, le sujet du film, et à en écrire une première version, qui peut déjà prendre la forme de débats enregistrés, à la manière d’un podcast. Un film raconte une histoire. Il part d’une situation initiale, ici un désaccord, par exemple entre celles et ceux qui ne veulent plus de bancs dans la ville et celles et ceux qui en veulent partout. Puis il se passe quelque chose entre les personnages. Un débat démocratique ne consiste pas à se taper dessus, il suppose des instances où l’on partage des points de vue et des règles pour décider, et c’est la question de la gouvernance, qui décide quoi et comment, même dans un petit groupe. Les élèves peuvent inventer un conseil de quartier, ou faire jouer les habitant·es par de petits personnages animés. À la fin, la situation n’est plus la même qu’au départ, et c’est ce qui fait qu’un film fonctionne. C’est de la narration classique, mais elle aide beaucoup à se représenter ce qu’on va faire.

Avec la troisième mission, les classes préparent le tournage par des improvisations et des répétitions, en imaginant la caméra au centre et les acteur·rices qui se déplacent autour. La quatrième est la plus concrète. Il faut des costumes et des accessoires, il faut savoir qui fait quoi, et chaque élève se projette dans ce qu’il ou elle fera le jour du tournage. Elle sera publiée le 26 mars, avant les vacances de printemps, et les classes y répondront le 3 mai, juste avant les tournages. Si l’on prépare ses accessoires avant les vacances, on a tout oublié à la rentrée ; si on les prépare la semaine du tournage, tout reste concret.

Entre la première et la deuxième mission, je ferai une visio d’une heure avec chaque classe, entre le 7 et le 14 décembre. Nous l’avons placée après le premier rendu, pour que les élèves arrivent à la rencontre déjà nourri·es par leur travail. Isabelle se souvenait de celle de l’an dernier. Chaque élève s’était présenté·e en disant ses passions, Isabelle et moi nous étions présenté·es aussi, et je notais leurs paroles à l’écran en mind-mapping, une technique que j’emploie beaucoup parce que la parole se convertit en écrit en direct, ce qui la légitime et lui donne une place. Elle a raconté que cette première rencontre avait rendu le projet concret pour ses élèves : « Ils étaient partis à 360 pour avoir des idées, donc il fallait les freiner parce qu’ils attendaient à chaque fois les consignes suivantes. »

Trois films dans les casques avant d’en faire un

Avant que les élèves fabriquent leurs films, Gala Frecon et Jérémy, de Festivals Connexion, viendront leur en montrer. Festivals Connexion est à l’origine un réseau de festivals de cinéma d’Auvergne-Rhône-Alpes, créé en 2015. Depuis cinq ans, il diffuse des films en réalité virtuelle, parce que ces films se voyaient à Cannes ou à Clermont-Ferrand mais pas dans les petites et moyennes manifestations, et encore moins dans les établissements scolaires. Le réseau a 150 casques et distribue un catalogue de 57 œuvres, et son dispositif permet de montrer des films à trente élèves à la fois en une heure trente. Les séances auront lieu en janvier, dans les collèges ou au Pôle Pixel selon les cas. Gala et Jérémy commencent par raconter l’histoire du médium, du kinétoscope d’Edison à aujourd’hui, pour replacer ce jouet optique dans une frise, puis les élèves mettent un casque, ce que peu d’élèves ont déjà fait.

Gala a présenté les trois œuvres choisies pour cette année. Accused #2 : Walter Sisulu, de Nicolas Champeaux et Gilles Porte (2018), est construit à partir des enregistrements sonores du procès de Rivonia, en 1963 et 1964 ; on y vit, depuis la salle d’audience, l’interrogatoire de Walter Sisulu, compagnon de Nelson Mandela, par un procureur de l’apartheid. Dans The Dollhouse, de Charlotte Bruneau et Dominique Desjardins (2024), on suit une enfant qui découvre, la nuit où l’employée de maison de sa famille tente de s’enfuir, la manière dont ses parents la traitent. Pour Draw for Change : Existimos, Resistimos (2024), Mariana Cadenas Sangronis mêle images à 360° et animation et suit Maremoto, une dessinatrice mexicaine qui milite par son art pour les droits des femmes. Gala les a choisis parce qu’ils posent tous les trois des questions de pouvoir, de justice et d’expression de soi, avec des esthétiques et des manières de raconter très différentes, et deux d’entre eux sont interactifs.

Ce partenariat, nous l’avions imaginé à deux, Gala et moi, en nous demandant ce que nous pourrions faire ensemble depuis nos places différentes. Festivals Connexion arrive avant moi, pour que les élèves sachent de quoi il s’agit quand je viendrai tourner, et nous nous retrouvons à la restitution, où leurs propres films passent dans les casques de l’association.

Une caméra sans cadre

En réalité virtuelle, il n’y a pas de cadrage. Le cadre se fait par la mise en scène, par l’endroit où chacun·e se place autour de la caméra, et personne ne peut se cacher derrière elle ; il faut se cacher dans le décor. Si la caméra bouge trop, le film devient illisible et donne mal à la tête. C’est une manière de penser l’image très différente de celle des vidéos que les élèves tournent tous les jours avec leur téléphone, et c’est pour cela que je la trouve si riche pour l’éducation aux images.

La caméra que j’utilise a deux objectifs. Le jour du tournage, nous regardons les rushes au fur et à mesure, et ils se présentent comme deux images côte à côte, ce qui est très étrange. Pour être vues dans un casque, ces deux images sont ensuite assemblées par une opération qu’on appelle le stitching, et elles deviennent une sorte de planisphère. À plat, l’image est déformée, et c’est justement parce qu’elle est déformée à plat qu’elle retrouve ses proportions quand elle redevient une sphère dans le casque. À la restitution, les élèves voient leur film des deux façons, sur grand écran puis dans le casque, et ils se posent alors de drôles de questions sur ce qu’est le réel. J’en avais fait l’expérience avec d’autres publics, par exemple en 2023 lors d’un atelier au festival QIFF de Quimper, où nous explorions la vidéo binoculaire et le planisphère.

Le son compte beaucoup pour moi. Les micros de la caméra, que j’ai achetée l’an dernier, sont d’une très bonne qualité, et nous avions travaillé avec les élèves la distance des voix à la caméra, en écoutant chaque prise. On pense souvent que l’immersion vient de l’image. Pour moi, elle vient plus encore du son, puisque même dans une salle de cinéma, on est déjà immergé dans le son.

Les films sont faits de plusieurs séquences, chacune tournée en plan-séquence, souvent avec la caméra posée en un lieu différent. L’an dernier, la plupart des films comptaient autour de cinq séquences. Le montage consiste à assembler les prises que nous choisissons ensemble le jour même ; j’envoie ensuite le film à la classe, qui peut me demander de remplacer une prise par une autre. Pendant un plan-séquence, tout le monde a toujours quelque chose à faire. S’il y a seize élèves et seulement quatre acteur·rices principaux, les douze autres s’occupent des accessoires ou jouent de petits instruments pour fabriquer l’ambiance sonore en direct, ce que j’appelle le chœur d’ambiance sonore, et ils et elles changent de rôle au fil de la journée.

La trace sur la plateforme, et le calendrier

Tout ce que les classes font se publie au fur et à mesure sur laclasse.com. J’y découvre leur travail, les élèves y voient ce que les autres classes ont fait, et c’est la trace du processus. Christophe l’a dit au groupe : « ce qui nous intéresse, nous, c’est que tout se passe sur cette plateforme ». Je trouve important que les élèves aillent regarder ce que font les autres pour travailler la complémentarité, sans s’y perdre, chaque classe construisant son propre film.

Nous avons calé les dates de l’année le jour même, collège par collège, et elles ont été notées au fur et à mesure dans le support de la journée.

  • Mardi 3 novembre, publication de la mission 1, à rendre le vendredi 4 décembre.
  • Du lundi 7 au lundi 14 décembre, une visio avec chaque classe.
  • En janvier, les séances de découverte de films avec Festivals Connexion.
  • Lundi 11 janvier, mission 2, à rendre le vendredi 12 février, veille des vacances d’hiver.
  • Lundi 1er mars, mission 3, à rendre le vendredi 19 mars.
  • Vendredi 26 mars, mission 4, à rendre le lundi 3 mai.
  • Du mardi 4 au mardi 11 mai, les tournages dans les collèges.
  • Mercredi 12 mai, de 13 h 30 à 16 h 30, une après-midi avec les enseignant·es, Réseau Canopé et Erasme pour préparer la restitution.
  • Jeudi 27 mai, la restitution, le jeudi 20 mai restant possible en repli.

L’après-midi du 12 mai était d’abord prévue le 28 avril. Nous l’avons déplacée pour qu’elle tombe après les tournages, quinze jours avant la restitution, quand les films existeront et qu’on pourra décider ensemble de ce que les élèves y feront. L’an dernier, ils et elles avaient fabriqué une exposition de panneaux à partir des photographies des tournages pendant que les autres regardaient les films dans les casques. Cette année, on pourra investir les décors, peut-être distribuer des rôles, et Christophe a eu l’idée d’une petite exposition en cabinet de curiosités du tournage, avec les accessoires et les photographies.

Portfolio

Immersion VR, deuxième saison : le débat démocratique à 360° - 1 © Benoît Labourdette 2026. Immersion VR, deuxième saison : le débat démocratique à 360° - 2 © Benoît Labourdette 2026. Immersion VR, deuxième saison : le débat démocratique à 360° - 3 © Benoît Labourdette 2026.
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Citer ce texte Benoît Labourdette, « Immersion VR, deuxième saison : le débat démocratique à 360° », Benoît Labourdette production, 14 octobre 2026.
https://www.benoitlabourdette.com/les-recits/creer-des-projets-artistiques-participatifs-et-des-evenements/projets-numeriques-participatifs/immersion-vr-deuxieme-saison-le-debat-democratique-a-360o?lang=fr

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