Dans le secteur culturel comme ailleurs, cette phrase revient sans cesse : on n’a pas le temps. Elle sert à expliquer qu’on ne raconte pas ce qu’on fait, qu’on ne coopère pas, qu’on ne pense pas. Or les enquêtes sur l’emploi du temps montrent que nous n’avons jamais eu autant de temps libre. Je propose de regarder cette phrase autrement : elle ne parle pas d’une quantité, elle parle d’une dépossession. Ce qui manque, c’est le temps propre, celui dont on décide soi-même l’usage. Et cette lecture rend possible une action que l’idée d’un manque de temps interdisait.
Quatre heures de temps libre par jour, et pas le temps
Dans les réunions de professionnel·les de la culture, la phrase ne tarde jamais à venir. On n’a pas le temps de raconter ce qu’on fait, pas le temps de rencontrer les collègues de la structure voisine, pas le temps de lire, pas le temps de réfléchir à ce qu’on est en train de faire. Je l’entends dans les collectivités, dans les théâtres, dans les bibliothèques, et je l’ai prononcée moi-même bien souvent. Elle a ceci de particulier qu’elle clôt la discussion : on ne discute pas avec quelqu’un qui n’a pas le temps.
Or les chiffres montrent autre chose. L’INSEE mène depuis 1986 des enquêtes Emploi du temps, dans lesquelles des milliers de personnes notent sur un carnet, par tranches de dix minutes, tout ce qu’elles font de leurs journées. D’après la dernière publiée, celle de 2010, les personnes qui travaillent ont environ quatre heures de temps libre par jour, la télévision reste le premier loisir, le temps passé sur Internet a doublé en dix ans, et l’on dort en moyenne huit heures et demie. Une nouvelle enquête est en cours en 2025-2026, et l’on verra si les heures se sont déplacées vers les écrans, mais rien n’indique que le total du temps disponible ait fondu. Nous avons chaque jour vingt-quatre heures, comme les générations qui nous ont précédés, et nous en passons davantage qu’elles hors du travail.
La sociologue Judy Wajcman a nommé ce décalage le paradoxe de la pression temporelle. Dans Pressed for Time (2015), elle rappelle que la durée du travail n’a pas augmenté en Europe, qu’elle a même baissé en France, et que le sentiment de manquer de temps progresse pourtant. Elle montre que ce sentiment n’est pas réparti au hasard. Il touche d’abord les personnes qui cumulent un emploi qualifié et des responsabilités familiales, il est plus fort chez les femmes, et il dépend moins du nombre d’heures que de la maîtrise qu’on en a. Elle refuse aussi l’explication facile par la technique : ce ne sont pas nos appareils qui créent la pression, ce sont les exigences d’autres humains, que les appareils ne font que transmettre.
Le temps de l’horloge contre le temps de la tâche
Le temps dont nous croyons manquer n’a pas toujours existé sous cette forme. L’historien E. P. Thompson a montré, dans un article de 1967 devenu classique, Time, Work-Discipline, and Industrial Capitalism, comment, avec les premières fabriques, le temps de l’horloge s’est imposé contre le temps de la tâche. Avant la fabrique, on travaillait jusqu’à ce que l’ouvrage soit fini, la journée se mesurait aux tâches accomplies, et le travail se mêlait au reste de la vie. Il a fallu apprendre aux ouvriers cette discipline de l’horloge, souvent par la contrainte. L’anthropologue Tim Ingold a repris cette analyse pour montrer que le temps de la tâche n’a jamais tout à fait disparu et qu’il persiste dans tout travail concret. Le temps compté n’est donc pas un fait de nature, mais un instrument, apparu à un moment précis de l’histoire, au service d’une organisation de la production.
Günther Anders a poussé l’analyse un cran plus loin dans L’Obsolescence de l’homme (1956, traduction française 2002). Il y observe que le temps libre lui-même a été conquis par l’industrie. En consommant pendant ses loisirs la marchandise de masse, le travailleur accomplit une tâche supplémentaire, celle de se transformer en homme de masse, et il paie lui-même les moyens de cette transformation : l’appareil, l’abonnement, les émissions. Il devient, selon l’expression d’Anders, un travailleur à domicile d’un genre nouveau, qui achète sa propre servitude.
« Tout le monde est d’une certaine manière occupé et employé comme travailleur à domicile. Un travailleur à domicile d’un genre pourtant très particulier. Car c’est en consommant la marchandise de masse — c’est-à-dire grâce à ses loisirs — qu’il accomplit sa tâche, qui consiste à se transformer lui-même en homme de masse.
Alors que le travailleur à domicile classique fabriquait des produits pour s’assurer un minimum de biens de consommation et de loisirs, celui d’aujourd’hui consomme au cours de ses loisirs un maximum de produits pour, ce faisant, collaborer à la production des hommes de masse. Le processus tourne même résolument au paradoxe puisque le travailleur à domicile, au lieu d’être rémunéré pour sa collaboration, doit au contraire lui-même la payer, c’est-à-dire payer les moyens de production dont l’usage fait de lui un homme de masse — l’appareil et, le cas échéant, dans de nombreux pays, les émissions elles-mêmes.
Il paie donc pour se vendre. Sa propre servitude, celle-là même qu’il contribue à produire, il doit l’acquérir en l’achetant puisqu’elle est, elle aussi, devenue une marchandise. »
Günther Anders, « Le monde comme fantôme et comme matrice », dans « L’Obsolescence de l’homme », tome 1, 1956, traduction française 2002, p. 121.
Anders écrivait cela à propos de la radio et de la télévision. Depuis, le dispositif s’est encore perfectionné, avec les séries en streaming et les fils d’actualité des réseaux sociaux. Dans la préface qu’il donne à la cinquième édition, en 1979, il constate que son livre n’a pas vieilli, et il précise que ses analyses n’étaient pas des pronostics mais des diagnostics. Cette préface a aujourd’hui près de cinquante ans, et le diagnostic tient toujours.
« Non seulement ce volume que j’ai achevé il y a maintenant plus d’un quart de siècle ne me semble pas avoir vieilli, mais il me paraît aujourd’hui encore plus actuel. Cela ne prouve rien quant à la pertinence de mes analyses de l’époque : cela prouve seulement que l’état du monde et la condition humaine que je décrivais étaient déjà très dégradés, qu’ils n’ont guère changé sur le fond depuis 1956, et ne le pouvaient d’ailleurs pas. Ces observations n’étaient pas des pronostics mais des diagnostics. »
Günther Anders, préface à la cinquième édition (1979) de « L’Obsolescence de l’homme », tome 1, traduction française 2002.
Dans un autre essai du même volume, « Être sans temps », Anders lit En attendant Godot comme la description d’existences privées de toute tâche, et il précise en 1979 qu’il y décrivait le monde des chômeurs. Il existe donc deux figures de la dépossession : celle des personnes qui ont un « monde », un emploi, des enfants, des dossiers, et ne disposent pas de leur temps, et celle des personnes qui ont tout leur temps et potentiellement plus de liberté, mais qui ne peuvent en tirer profit. Les deux sont produites par la même organisation, et ni l’une ni l’autre ne relève d’un choix.
Quand quelqu’un dit « je n’ai pas le temps », il ne parle pas d’une horloge, il parle de ce que d’autres ont décidé de faire de ses heures.
Le simplisme du « prenez le temps »
Les philosophes d’aujourd’hui se sont beaucoup occupé·es du temps qui manque, et pas toujours là où il le faudrait. Hartmut Rosa a décrit, dans Accélération (2010), les trois accélérations de la modernité, celle de la technique, celle du changement social et celle du rythme de vie, et il a proposé dans Résonance (2018) une relation au monde qui échappe à cette logique, une relation où l’on se laisse toucher et transformer. La notion est utile, et Pascal Le Brun-Cordier l’a reprise pour son contrat de résonance, dont je reparle plus bas. Mais elle comporte un risque, celui de conclure qu’il faudrait, chacun de son côté, ralentir, se déconnecter, prendre le temps. On retrouve cette injonction dans les livres de développement personnel, dans des séminaires de « déconnexion » et dans des slogans des collectivités, et elle s’adresse aux personnes dépossédées comme si elles décidaient de leur temps. Elle ajoute à la dépossession une culpabilité. Elle nourrit aussi une nostalgie, celle d’un « avant » où l’on aurait su vivre lentement, et Thompson montre justement qu’il n’en est rien : le temps de la tâche n’était pas un temps de loisir, il était un autre régime de contrainte.
Vincent de Gaulejac a décrit, dans La société malade de la gestion (2005), la manière dont l’idéologie gestionnaire colonise les organisations et jusqu’au psychisme des personnes qui y travaillent. Chacun·e devient le gestionnaire de soi-même, compte ses heures, se reproche son manque de rendement. C’est là que se loge le manque de temps : on a intériorisé l’horloge du « patron », et le patron avec.
Nous prenons aussi peu de distance avec la langue elle-même. « Souviens-toi que le temps, c’est de l’argent », écrit Benjamin Franklin en 1748 dans ses Conseils à un jeune commerçant, et Thompson relève que, dans la fabrique, le temps est devenu une monnaie : on ne le passe plus, on le dépense. De là viennent deux expressions que nous employons sans y penser, vendre son temps et acheter du temps. Elles ne décrivent pas la même position. La personne salariée vend son temps, ou plus exactement, comme le précise Marx dans Travail salarié et capital (1849), sa force de travail pour une durée fixée par le contrat, et c’est l’employeur qui achète ce temps. Les riches, eux, achètent le temps des autres pour libérer le leur : ils paient quelqu’un pour le ménage, la cuisine, les courses, la garde des enfants. Ashley Whillans et ses collègues ont même établi en 2017, à partir d’enquêtes menées dans quatre pays, que les personnes qui dépensent de l’argent pour s’épargner des tâches se déclarent plus satisfaites de leur vie (Buying time promotes happiness), et l’étude a circulé comme un conseil de bien-être : achetez du temps. Elle montre surtout que le temps propre des uns est fait du temps vendu par les autres.
En France, cette vente est le modèle de la vie normale, et nous n’avons guère de distance là-dessus. Robert Castel a raconté, dans Les Métamorphoses de la question sociale (1995), comment le salariat, qui fut longtemps la condition la plus misérable, celle de qui n’a rien d’autre à vendre que ses bras, est devenu au XXe siècle le statut envié, parce que la protection sociale s’y est attachée : la retraite, l’assurance maladie, l’assurance chômage. Être salarié·e est aujourd’hui l’idéal de sécurité, ce qu’on souhaite à ses enfants, ce que les banques exigent pour prêter. Or le contrat de travail se définit en droit par le lien de subordination, c’est-à-dire, selon la formule de la Cour de cassation (arrêt Société Générale, 13 novembre 1996), le pouvoir de l’employeur de donner des ordres, d’en contrôler l’exécution et de sanctionner les manquements. Ce pouvoir s’exerce d’abord sur le temps. La loi fixe la durée du travail, l’employeur fixe l’ordre des départs en congé, chaque salarié·e demande ses dates et peut se les voir refuser, et dans beaucoup d’entreprises une badgeuse enregistre l’heure d’arrivée et l’heure de départ. Le seul temps propre qui reste est celui des vacances, et encore faut-il en faire la demande.
Nous appelons cela se conduire « en bon père de famille ». L’expression vient du droit romain, le bonus pater familias, et le Code civil de 1804 l’a employée pendant deux siècles pour désigner la conduite prudente et diligente qu’on attend de qui a la charge d’un bien, jusqu’à ce que la loi du 4 août 2014 la remplace par le mot « raisonnable ». Le père de famille dont il s’agit était le « chef de famille », celui qui décidait pour tous les autres. Dans notre usage courant, il désigne celui qui ne prend pas de risque et remet son temps à qui le paie. L’idéal de prudence que nous transmettons à nos enfants est ainsi un idéal de dépossession consentie.
Je propose donc de déplacer le regard, de la quantité vers la propriété. En physique, on appelle temps propre le temps mesuré par l’horloge que l’observateur emporte avec lui. Il n’existe pas de temps absolu, chaque trajectoire a le sien. J’emprunte le mot. Le temps propre d’une personne est celui dont elle décide l’usage, le rythme et le sens. Ce qui manque à celles et ceux qui n’ont jamais le temps, ce n’est pas du temps, c’est du temps propre. Et la dépossession du temps propre a un nom, la domination : la situation où quelqu’un d’autre décide de ce que je fais de mes heures. J’avais abordé ce phénomène du côté de la personne, dans Présence et soumission, en décrivant la soumission comme le fait de laisser son temps à l’autre, et du côté du rythme collectif, dans L’imminence et la loi. Il s’agit ici de son versant institutionnel : qui, dans une organisation, dans une politique publique, dans une relation professionnelle, décide du temps de qui.
Tant qu’on croit manquer de temps, la seule réponse est de courir plus vite. Quand on comprend qu’on est dépossédé de son temps propre, on peut se poser d’autres questions : qui a décidé, au nom de quoi, et comment reprendre la main.
La présence compte plus que la durée
Je défends depuis plusieurs années l’idée que la présence, c’est-à-dire la manière dont nous habitons l’instant, donne au temps sa consistance (Présence et temps). J’ai expliqué dans L’engagement dans le temps que la longueur des actions culturelles n’est pas un gage de qualité, et dans L’atelier qu’on ne fera qu’une fois qu’un atelier qu’on ne fera qu’une fois obéit à ses lois propres, qui n’ont rien d’une version dégradée d’un projet plus long, la durée, c’est-à-dire la soumission des participant·es au temps, y étant tenue pour l’alpha et l’oméga. J’en redis ici l’argument : il peut se passer, en une heure, en une demi-journée, quelque chose de décisif pour une personne. Et il peut se passer, sur plusieurs années, des choses déplorables : quatre ans avec un·e enseignant·e destructeur·rice laissent des traces d’autant plus profondes qu’ils ont duré. J’ai par exemple étudié l’espagnol au collège et au lycée pendant sept ans, j’y ai donc consacré un temps régulier énorme, et je n’en retire aujourd’hui strictement aucune compétence ; quelle était la qualité de ce temps, ma présence dans ce temps ? Est-ce que l’Éducation nationale a pris en compte cette gabegie de temps ?
Bien sûr, il faut du temps pour que les choses mûrissent et pour que chaque personne se construise. Mais ce temps de la construction n’est pas un temps passé ensemble. Une rencontre brève peut faire son chemin en quelqu’un pendant des mois. Un instant pleinement habité compte davantage, dans une vie, qu’une longue durée traversée sans y être.
Quand on dit, dans le secteur culturel, qu’on n’a pas le temps de bien faire, on suppose que bien faire demande du temps long, des rencontres répétées, une disponibilité continue. C’est l’idéal du projet au long cours, et c’est lui qui rend impossible ce qu’on pourrait faire tout de suite. Si la qualité tient à la présence et non à la durée, alors le temps propre qu’il s’agit de reprendre n’a pas besoin d’être long, il a besoin d’être à soi.
Rendre à chacun·e son temps propre : cinq propositions pour le champ culturel
Je termine par cinq propositions, qui visent chacune à rendre du temps propre aux personnes qui travaillent dans le champ culturel comme à celles avec qui elles travaillent :
- Cesser de faire de la durée un critère. Dans les appels à projets, les conventions et les bilans, on valorise la longueur des parcours et le nombre de séances. Je propose d’évaluer la qualité de la présence et de ce qui a été partagé, et de tenir les formats brefs pour des formes à part entière. Cela rend du temps propre aux équipes, qui n’ont plus à s’excuser de faire court, et aux participant·es, à qui l’on ne demande plus une disponibilité qu’iels n’ont pas.
- Coopérer sans que tout le monde soit là en même temps. Les outils numériques de coopération que je mets en place permettent à chaque personne de contribuer au moment qui lui convient, de lire ce que les autres ont apporté avant elle, de rester partie prenante du groupe sans avoir assisté à chaque séance (Contributions des auditeurs via l’outil numérique, Le mur contributif souverain). Personne n’est exclu du collectif parce que son temps n’est pas celui du calendrier. C’est une manière très concrète d’instituer le temps propre, en admettant que le bon moment n’est pas le même pour tout le monde et que personne ne sait mieux qu’un·e autre ce qu’il faut faire de son temps.
- Faire et raconter. Dans le secteur culturel, on fait des choses importantes et on ne les raconte pas. Les bibliothèques, par exemple, mènent une action culturelle considérable dont il ne reste que des programmes trimestriels, et aucun récit. La raison invoquée est toujours la même : pas le temps. Or c’est le récit qui fait exister, aux yeux des élu·es, un travail de longue haleine. Une politique culturelle qui ne se raconte pas dépend, pour durer, de la clairvoyance d’élu·es qui sauraient sans qu’on leur explique. Une politique qui se raconte peut être comprise, défendue, transmise d’une mandature à l’autre. Donner aux gens de terrain les moyens de raconter ce qu’ils font, avec les méthodes d’intelligence collective et l’intelligence artificielle (Fabriquer les récits de la culture avec l’intelligence artificielle, Au-delà de la mobilisation des publics), c’est leur rendre du temps propre : le temps de leur action devient le leur, parce que c’est iels qui le racontent. Pascal Le Brun-Cordier, dans l’entretien qu’il a donné à l’Observatoire des politiques culturelles sur son contrat de résonance, dit que l’évaluation relève davantage de ce qui se conte que de ce qui se compte, et propose une évaluation narrée, polyphonique, partagée entre toutes les personnes associées au projet. C’est ce type de mouvement que je défends et que je propose.
- Inscrire le temps relationnel dans les contrats. Le contrat de résonance consacre sa dernière partie aux rythmes et aux temporalités : durée des conventions, temps laissé aux directions pour connaître un territoire, tuilage entre les équipes. Je propose d’aller jusqu’aux fiches de poste et aux organigrammes. Tant que le temps de la relation, celui de l’accueil, de l’écoute, de l’enquête, n’y figure pas, il est pris sur le temps propre des personnes, qui le prennent sur leurs soirées et se le reprochent le lendemain.
- Reconnaître le droit à son temps comme un droit culturel. Les droits culturels, tels que je les définis dans La présomption de compétence, s’adressent aux personnes en position de pouvoir et leur demandent de présumer la compétence de l’autre. Cette présomption vaut pour l’usage du temps. La personne qui programme, forme, anime ou dirige n’est pas mieux placée que les personnes avec qui elle travaille pour décider de ce que vaut une heure de leur vie. Reconnaître ce droit, c’est concevoir des propositions culturelles dans lesquelles chacun·e peut entrer selon son rythme, en sortir, y revenir, sans qu’on lui reproche sa manière d’habiter le temps.
Aucune de ces propositions ne fabrique du temps supplémentaire. Elles déplacent la question : il ne s’agit plus de savoir combien d’heures nous avons, mais qui en décide. C’est là, me semble-t-il, que celles et ceux qui travaillent dans la culture peuvent agir, pour eux-mêmes et pour les personnes qu’ils accueillent.