La rencontre par surcroît

Pourquoi l’on ne fait pas les rencontres importantes en les cherchant, et comment les distinguer d’une relation d’emprise.

28 octobre 2026 Benoît Labourdette  11 min

On trouve d’autant mieux un logement ou un emploi qu’on les cherche avec méthode. Une rencontre, il me semble, nous est plutôt donnée par surcroît, quand nous sommes présent·es à nous-mêmes. J’essaie, avec le concept de rencontre par surcroît, de comprendre pourquoi, en cherchant l’autre pour combler un manque, nous nous éloignons des rencontres réelles et nous exposons à l’emprise.

Une rencontre qu’on voudrait faire

Nous parlons de la rencontre avec le vocabulaire de la recherche. On « cherche quelqu’un », on « fait des rencontres », on va à des journées professionnelles pour « élargir son réseau ». Depuis les années 2010, une grande part des relations amoureuses se nouent sur des applications de rencontre, dont les algorithmes proposent des profils présumés compatibles (L’évolution du contrat amoureux), et l’on a vu apparaître, au milieu des années 2020, des publicités pour des partenaires virtuel·les qu’on configure selon ses goûts (« Crée ta copine I.A. »). Toutes ces pratiques supposent qu’une rencontre est un bien qu’on peut viser, et qu’on l’obtient d’autant mieux qu’on a défini ce qu’on cherche.

Quand je repense aux rencontres importantes de ma vie, je n’en trouve aucune que j’aurais obtenue de cette façon. Si l’on ne peut pas vouloir une rencontre, faut-il s’en remettre au hasard et rester passif ? Et si les rencontres importantes ne viennent pas de la recherche, à quoi reconnaît-on, parmi les personnes qui entrent dans notre vie, celles auprès de qui l’on grandit et celles qui se servent de nous ?

Si l’on me demandait quelle rencontre je voudrais faire et que je n’ai pas encore faite, je pourrais répondre que j’aurais aimé rencontrer Glenn Gould, ou nommer d’autres personnages de ce genre. Mais la question me semble contradictoire avec ce que j’appelle une rencontre. Pour moi, une rencontre est quelque chose qui se crée entre deux personnes et que ni l’une ni l’autre ne pouvait imaginer avant. Si je projette la rencontre que je voudrais faire, je reste seul avec ma projection, et si quelqu’un venait à y correspondre, je ne verrais en cette personne que mes propres attentes. C’est souvent le cas dans les histoires amoureuses, où l’on arrive avec des attentes précises et où l’on voudrait que l’autre y corresponde, si bien que l’on reste seul·e avec elles. J’ai aussi le sentiment qu’en cultivant trop d’attentes sur les rencontres que j’aimerais faire, je me fermerais à celles, bien réelles, qui peuvent avoir lieu.

Je ne prétends pas qu’on puisse aller vers l’autre sans aucune projection. La projection fait partie de toute relation humaine (« Crée ta copine I.A. »), puisque nous nous représentons l’autre avant de le connaître, et que nous continuons à le faire ensuite. Derrière le mot rencontre, j’entends d’abord l’altérité, le fait d’être enrichi·e par l’autre, agrandi·e dans ses perceptions, parfois dans ses capacités. Il me semble que la rencontre est le moment où l’autre se révèle différent de ce que j’avais projeté sur lui, et où je découvre ainsi une facette de moi-même que je ne connaissais pas. Les a priori qu’on avait sur l’autre se défont dans le dialogue, et les deux personnes construisent ensemble quelque chose de neuf.

Les choses qu’on manque en les visant

Le philosophe norvégien Jon Elster a décrit, dans Sour Grapes (1983), une famille d’états qu’il dit « essentiellement des sous-produits » (essentially by-products, je traduis). On ne les atteint pas en les visant, mais comme la conséquence d’autre chose. Le sommeil en est l’exemple le plus simple, car celui ou celle qui se couche en voulant dormir de toutes ses forces se tient éveillé·e par cette volonté même. Elster range dans la même famille la spontanéité, qu’on perd dès qu’on s’efforce d’être spontané·e, ou l’oubli, puisque vouloir oublier une chose revient à y penser. Il me semble que la rencontre fait partie de cette famille d’états.

Martin Buber, dans Je et Tu (Ich und Du, 1923), pense la relation à autrui dans le même sens. Pour lui, la relation vraie est un don, et l’on n’y parvient pas par la recherche ; elle suppose pourtant que j’y entre de tout mon être. Une rencontre, même reçue, suppose donc un engagement. Cela rejoint ce que je pense de la durée : une rencontre d’une minute peut être plus importante, et plus transformatrice, qu’une relation de plusieurs années, parce que tout tient à la manière dont chacun·e s’y engage. En 2022, j’animais des ateliers de films d’animation dans un accueil de jour, où des personnes sans domicile viennent prendre une douche et charger leur téléphone (L’atelier qu’on ne fera qu’une fois). Certaines sont restées un quart d’heure et sont reparties avec un film, d’autres sont restées quatre heures, et je ne vois pas pourquoi les unes vaudraient moins que les autres.

Hartmut Rosa, qui décrit notre rapport au monde à partir de la notion de résonance (La résonance déplacée), formule une idée voisine à l’échelle de toute une société. Il écrit dans Rendre le monde indisponible (2020 pour la traduction française) que « la tentative de conférer aux choses une disponibilité garantie leur ôte leur qualité de résonance ». Les applications de rencontre, dont les concepteur·rices nous promettent des personnes compatibles à la demande, relèvent de cette tentative. On peut y faire des rencontres, et beaucoup de couples durables se sont formés ainsi. Mais on s’habitue, en les utilisant, à l’idée qu’on obtient une rencontre comme on obtient un service, et cette idée est contraire à la disposition dont parle Buber.

Je propose d’appeler rencontre par surcroît une rencontre qui nous est donnée pendant que nous sommes occupé·es à autre chose, et en particulier à être présent·es à nous-mêmes. L’expression vient de l’Évangile de Matthieu, dans la traduction de Le Maistre de Sacy : « toutes ces choses vous seront données par surcroît ». Elle est passée dans la langue courante pour désigner ce qu’on reçoit en plus de ce qu’on cherchait, et c’est dans ce sens courant que je la prends. J’en ai fait moi-même l’expérience à plusieurs périodes de ma vie. Quand je ne vais pas bien et que je voudrais rencontrer des gens parce que cela me ferait du bien, personne ne vient, alors que, quand je m’occupe de moi, que je prends soin de moi et que je suis bien avec moi-même, des rencontres ont lieu comme par enchantement. Quand je cherche à susciter une rencontre, elle ne se produit pas, mais quand je suis ouvert à moi-même, je suis aussi ouvert aux autres.

Chercher l’autre pour aller mieux

Pourquoi en va-t-il ainsi ? Mon hypothèse est que, lorsque je cherche quelqu’un parce que cela me ferait du bien, je regarde les personnes que je croise à travers l’usage que je pourrais en faire. Je les vois comme des remèdes possibles à mon manque plus que comme des personnes, et je crois que beaucoup le sentent, même sans pouvoir le dire, et s’éloignent. Celles et ceux qui ne s’éloignent pas ne sont pas toujours les plus bienveillant·es. Une personne qui cherche l’autre par manque laisse voir ce manque, et quelqu’un qui sait s’en servir peut lui offrir exactement ce qu’elle attend.

Je suis plutôt naïf, et je me demande souvent, au moment où une relation commence, si je ne suis pas en train de me faire manipuler. Je crois vivre une rencontre enrichissante, et il arrive qu’en réalité je ne m’y enrichisse pas et que je m’y éloigne de moi-même. Dans un texte de 1942 sur les études scolaires, Simone Weil parle des contresens dans les versions, des absurdités dans les problèmes de géométrie et des maladresses dans les devoirs de français, qui viennent tous, selon elle, de ce que la pensée s’est précipitée trop vite sur quelque chose : « La cause est toujours qu’on a voulu être actif ; on a voulu chercher. » Elle en tire une conséquence qui va au-delà de l’école :

« Les biens les plus précieux ne doivent pas être cherchés, mais attendus. Car l’homme ne peut pas les trouver par ses propres forces, et s’il se met à leur recherche, il trouvera à la place des faux biens dont il ne saura pas discerner la fausseté. »

Simone Weil, « Réflexions sur le bon usage des études scolaires en vue de l’amour de Dieu », 1942.

Weil pense à la vérité et à Dieu, et je ne voudrais pas lui prêter une théorie des relations humaines. Mais la structure qu’elle décrit me semble valoir pour la rencontre. Celui ou celle qui cherche trouve quelque chose, et ce qu’il ou elle trouve a l’apparence de ce qui était cherché. Et la difficulté tient à ce qu’en cherchant, on se rend incapable de discerner que ce bien est faux. Quand j’ai besoin de l’autre pour aller mieux, je ne suis pas en état de voir ce qu’il fait de moi. On parle d’emprise quand une personne s’approprie l’autre au point que celui-ci, tout en croyant y trouver de quoi vivre, se perd peu à peu. Avec le concept de rencontre par surcroît, je vois mieux que l’emprise et l’absence de rencontre peuvent venir de la même disposition, celle d’une personne qui cherche l’autre pour combler ce qui lui manque.

Il faut alors un critère, et je n’en ai pas de meilleur que l’intuition, cette petite voix intérieure qu’on doit écouter et par laquelle on sent si l’on sort d’une relation agrandi·e ou décentré·e. Dans une rencontre, l’autre m’enrichit, il peut me remettre en question ou me faire découvrir ce que je ne savais pas de moi, sans porter atteinte à ma dignité ni à ce que je suis, alors que dans une relation d’emprise, je m’éloigne un peu plus de moi à chaque échange, tout en croyant m’enrichir. Pour sentir cette différence, il faut être assez ancré·e en soi, savoir à peu près qui l’on est. C’est toute la difficulté de la perméabilité amoureuse, qui fait à la fois notre force et notre vulnérabilité.

L’attente dont parle Simone Weil

Dans le même texte, Simone Weil décrit l’attention, et je crois qu’elle décrit du même coup la disposition dans laquelle une rencontre devient possible. Elle l’écrit en pensant à des élèves devant un exercice :

« L’attention consiste à suspendre sa pensée, à la laisser disponible, vide et pénétrable à l’objet, à maintenir en soi-même à proximité de la pensée, mais à un niveau inférieur et sans contact avec elle, les diverses connaissances acquises qu’on est forcé d’utiliser. La pensée doit être, à toutes les pensées particulières et déjà formées, comme un homme sur une montagne qui, regardant devant lui, aperçoit en même temps sous lui, mais sans les regarder, beaucoup de forêts et de plaines. Et surtout la pensée doit être vide, en attente, ne rien chercher, mais être prête à recevoir dans sa vérité nue l’objet qui va y pénétrer. »

Simone Weil, « Réflexions sur le bon usage des études scolaires en vue de l’amour de Dieu », 1942.

Weil écrit « en attente », et le français distingue cette attente des attentes au pluriel. L’attente qu’elle décrit n’a pas d’objet défini à l’avance ; elle est une disponibilité. Les attentes que nous apportons dans une relation sont au contraire remplies d’avance de ce que l’autre devrait être. Une rencontre par surcroît suppose cette attente sans objet, et devient impossible quand nous arrivons chargé·es d’attentes. Selon Henri Maldiney, philosophe de l’événement, « le réel, c’est toujours ce qu’on n’attendait pas », et la rencontre en est pour moi l’exemple le plus familier.

Le vide dont parle Weil suppose, à mes yeux, qu’on soit assez présent·e à soi-même pour ne pas avoir besoin que l’autre vienne nous remplir. Donald Winnicott a décrit, en 1958, la capacité d’être seul·e en présence de quelqu’un, que l’enfant acquiert quand sa mère est là sans rien exiger de lui. C’est aussi celle qu’on attend des médiateur·rices quand il s’agit de recevoir ce que les autres apportent (Recevoir, ou la difficulté de ne rien faire). Il me semble que cette capacité est aussi la condition de la rencontre. Au risque de paraître un peu nombriliste, je dirais qu’il me reste une rencontre importante à faire, la rencontre avec moi-même. Elle n’est pas facile, et j’y avance tout doucement, sans l’avoir jamais achevée.

J’ai vu cette disponibilité chez Chris Marker. En 2005, pour la première édition du Festival Pocket Films, que j’avais imaginé avec l’équipe de programmation du Forum des images, nous avons confié des téléphones équipés de caméras à des cinéastes reconnu·es, à des artistes d’autres champs et à des personnes qui n’avaient jamais fait de film, et Chris Marker a accepté de participer. Il avait quatre-vingt-trois ans. En face de moi, je n’avais pas un vieux sage, j’avais un adolescent. Il voulait filmer son chat avec le téléphone, il me parlait de ses disques durs, de tout ce qu’il allait essayer. Il était tout entier dans l’envie de découvrir, et j’ai appris de lui, sans l’avoir cherché, qu’on peut rester à tout âge disponible à ce qu’on ne connaît pas encore.

Des rencontres sans réciprocité

Certaines des rencontres importantes de ma vie n’ont pas eu lieu au sens habituel du mot, et j’hésite à les appeler ainsi. Il m’est arrivé d’avoir, dans la rue, des discussions impromptues avec des personnes sans abri, et d’entendre l’une d’elles me dire tout à coup une vérité sur la vie. Je ne l’ai jamais revue et je ne connais pas son nom, mais je n’ai pas oublié ce qu’elle m’a dit.

Quand j’étais adolescent, il y avait toujours beaucoup de monde sur la piazza du Centre Pompidou, des spectacles de rue, des gens qui parlaient à la foule. Il y avait parmi eux un vieil anarchiste, Aguigui Mouna, qui avait fait, en 1974 puis en 1981, une brève campagne à bicyclette pour l’élection présidentielle, et qui lançait aux passant·es « Aimez-vous les uns sur les autres ». Je l’ai vu souvent et je ne lui ai jamais parlé. Je n’y avais plus pensé depuis longtemps. La piazza est devenue depuis un lieu complètement lisse, où plus personne ne s’adresse à la foule de cette manière, et c’est peut-être pour cela que je le compte parmi mes rencontres.

Je n’ai jamais rencontré non plus Roger Chomeaux, dit Chomo, peintre et sculpteur proche de l’art brut, qui a vécu plus de quarante ans seul dans les bois d’Achères-la-Forêt, en forêt de Fontainebleau, où il a construit ce qu’il appelait son Village d’art préludien. Il vivait des dons des personnes qui venaient voir son œuvre. Je l’ai découvert dans un documentaire, et j’ai publié sur mon site quelques-unes de ses phrases, dont celle-ci : « Dans l’évolution, on est seul, toujours. » J’entends dans cette solitude la même chose que dans la capacité d’être seul·e dont parle Winnicott. Il y a une autre de ses phrases, « Il faut être spontané », qu’on ne peut pas suivre comme une consigne, puisqu’Elster range la spontanéité parmi les sous-produits. Je ne crois pas que Chomo l’ait suivie comme une consigne. Je crois plutôt qu’il était spontané parce qu’il vivait à l’écart, tout à son œuvre, et que les gens faisaient le chemin jusqu’à lui dans les bois sans qu’il ait à les chercher.

Pourquoi est-ce que j’appelle cela des rencontres, alors que je n’ai jamais parlé ni à Mouna ni à Chomo ? Je crois que c’est parce que j’ai appris quelque chose de chacun d’eux, comme de cette personne croisée dans la rue. Dans aucun de ces cas je n’avais cherché quelqu’un. J’étais occupé à autre chose, à traîner sur une place quand j’étais adolescent ou à regarder un film, et c’est en passant que j’ai reçu ce que ces personnes avaient à donner. Elles ne savaient pas ce qu’elles me donnaient, et n’attendaient rien de moi en retour.

Des amitiés qui durent sans qu’on les entretienne

Je me pose souvent une question à laquelle je n’ai pas de réponse nette : à quel moment sait-on qu’une personne qu’on a rencontrée fait partie de ses ami·es ? Je ne crois pas qu’il y ait une bascule. Il y a plutôt la construction de quelque chose, dont on prend conscience après coup. Il m’est arrivé de revoir des personnes que je n’avais pas vues depuis très longtemps, et de constater que nous étions toujours ami·es, que c’était toujours aussi fort, alors que nous n’avions rien fait pour entretenir ce lien. J’ai été longtemps enfermé dans la question du couple, comme si je devais vivre tout l’amour dans le couple (L’amour et le couple). Je réinvestis aujourd’hui beaucoup ces amitiés et ces rencontres multiples, et j’en mesure la très grande valeur.

Le récit que fait Montaigne de son amitié avec La Boétie pourrait sembler contraire à ce que j’avance, puisqu’il y dit qu’ils se cherchaient l’un l’autre :

« Il y a, au-delà de tout mon discours, et de ce que j’en puis dire particulièrement, je ne sais quelle force inexplicable et fatale, médiatrice de cette union. Nous nous cherchions avant que de nous être vus, et par des rapports que nous oyions l’un de l’autre, qui faisaient en notre affection plus d’effort que ne porte la raison des rapports, je crois par quelque ordonnance du ciel ; nous nous embrassions par nos noms. Et à notre première rencontre, qui fut par hasard en une grande fête et compagnie de ville, nous nous trouvâmes si pris, si connus, si obligés entre nous, que rien dès lors ne nous fut si proche que l’un à l’autre. »

Michel de Montaigne, « De l’amitié », Essais, 1595.

À le relire, je crois que Montaigne ne parle pas de la recherche que j’ai décrite. Avant de se voir, La Boétie et lui s’étaient attachés l’un à l’autre par ce qu’ils entendaient dire l’un de l’autre, comme j’ai pu m’attacher à Chomo en voyant un documentaire sur lui, mais ils ne savaient rien de ce que serait leur amitié, et Montaigne précise que leur première rencontre « fut par hasard ». Il renonce aussi à expliquer ce qui les a liés, et c’est juste avant ce passage qu’il écrit « Parce que c’était lui, parce que c’était moi ». Son récit reste différent du mien sur un point, puisqu’il décrit une amitié née d’un coup, à la première rencontre, là où je vois plutôt une construction lente. Les deux me paraissent possibles, et dans l’un comme dans l’autre, aucune des deux personnes n’aurait pu projeter d’avance ce qui allait les lier.

Se rendre disponible sans chercher

Je ne crois pas qu’on puisse faire de la rencontre par surcroît une méthode, puisque ce serait de nouveau la viser. Je propose plutôt quelques repères, pour ne pas se fermer aux rencontres :

  • Commencer par prendre soin de soi. Quand je vais mal, l’envie de voir du monde est souvent l’envie d’être soulagé, et j’ai constaté que des rencontres ont lieu plutôt quand je m’occupe d’abord de moi. C’est même ainsi, me semble-t-il, qu’on redevient disponible pour les autres.
  • Distinguer l’attente et les attentes. Avant d’aller vers quelqu’un qu’on connaît peu, on peut se demander ce qu’on attend de cette personne. On découvre alors ses attentes, et il suffit parfois de les nommer pour les mettre de côté et laisser place à l’attente sans objet dont parle Simone Weil.
  • Se demander ce qu’on cherche à combler. Quand on sent qu’on a besoin d’une personne en particulier, on peut se demander quel manque elle viendrait remplir. On peut aller vers elle malgré tout, mais en sachant ce qu’on attend d’elle, on est plus attentif·ve à ce qui se passe ensuite, et moins exposé·e à celles et ceux qui sauraient se servir de ce manque.
  • Se demander si l’on sort d’une relation agrandi·e ou décentré·e. Après un échange, on peut se demander si l’on a découvert quelque chose de soi ou si l’on s’est éloigné·e de ce qu’on est. Je ne trouve pas toujours la réponse sur le moment, et je me demande encore comment, en écoutant cette petite voix intérieure, je parviens à sentir la différence.
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Citer ce texte Benoît Labourdette, « La rencontre par surcroît », Benoît Labourdette production, 28 octobre 2026.
https://www.benoitlabourdette.com/les-ressources/propositions-philosophiques/philosophie-de-l-alterite/la-rencontre-par-surcroit?lang=fr

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